La conquête d’un mythe

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En cette année 2014, j’avais décidé de railler une ligne de plus sur ma liste « rêve de gosse ». Cette ligne était de devenir cent-bornard. Pour cela je me suis aligné sur ce qui est appelé « la Mecque du 100 km », les 100 km de Millau.

Millau étant l’objectif de l’année, il fallait s’y préparer correctement. En effet jusqu’à cette année je n’avais jamais, en courant, dépassé la distance marathon. Il me fallait donc, monter le kilométrage tout au long de l’année 2014 pour arriver à Millau . Ainsi, entre Avril et Juin je me suis aligné sur les 6h de Gignac , l’Hérault trail (73 km du Festa Trail) et le marathon des Ecrins. Le mois de Juin fut consacré à la récupération et ceux de Août et Septembre à la préparation spécifique. Pendant toute cette année de préparation j’ai eu la chance de bénéficier des conseils de Sylvie Fourdrinier (dont on ne compte plus les titres de championne de France de 100 km), Raphaël Gerardin (9ème au 100 km de Millau 2012) et Hervé Seitz (2ème au 100 km de Millau 2013).

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Raphaël, moi et Hervé avant le départ.
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La Team Frodon (Lucas, moi et Marine).

Le 27 Septembre 2014, le jour J, en compagnie de mes deux suiveurs (Lucas Bétrancourt et Marine Blanpain avec qui nous formions la Team Frodon) je me suis rendu à Millau. Nous étions accompagnés de Philippe et Brahim (deux comparses du M2AM), alignés sur le marathon. Arrivé à la salle fête et dossard en main (n°99), j’ai eu le plaisir de retrouver Hervé et Raphaël. Après une petite séance photo nous nous sommes rendu sur la ligne de départ. Une fois sur cette fameuse ligne, j’ai eu deux belles surprises :

La première fut de voir la foule impressionnante, que ce soit des spectateurs ou des coureurs. Avec près de 1600 coureurs sur le 100km, c’était la première course où je voyais plus d’inscrits sur la longue distance que sur la courte.

La seconde fut de croiser coach Sylvie et Christophe (l’incroyable photographe du M2AM) et de recevoir les derniers encouragements.

Le seul petit couac de ce départ fut un petit oublie au moment de la préparation, j’avais oublié de mettre ma puce/podomètre pour connaître ma vitesse… Heureusement que mes camarades de la Team Frodon ont été réactifs pour me l’amener avant le départ.

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Petite photo en compagnie de Coach Sylvie avant le départ.
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Dernière photo, sur la ligne de départ, avec Raphaël.

0 km – 42 km : Un marathon pour se mettre dans le rythme

10H02, le départ de la 43ème édition des 100 km de Millau est donné, c’est parti pour un périple de 100km qui m’amènera en Lozère, à Saint-Afrique et sous le Viaduc de Millau. Honnêtement je partais en visant les 9h, même si cela allait être difficile, je me disais que c’était jouable si tout se passait bien.

Dès les premiers mètre je laisse filer Hervé et Raphaël loin devant pour me mettre à mon allure. Les premiers kilomètres furent très roulant, voir en descente et les marathoniens filèrent comme des flèches. Ce fut un bon échauffement, en attendant le 7ème km, permettant d’échanger quelques mots avec les autres participants. Le 7ème km marquait le début de la zone où les vélos attendent les coureurs, je n’avais jamais vu autant de vélos en un seul endroit. Lucas et Marine me rejoignirent au 9ème kilomètres pour ne pas être gêner par les autres cyclistes, la Team Frodon était au complet. Le reste du marathon se déroula sans le moindre souci pour nous, on ne pas en dire autant de tout le monde. En effet, nous avons assisté en direct à un « cassage » de chaîne d’un cycliste accompagnateur. Mes suiveurs très réactifs se sont portés à sont secours et sont allés prévenir sont coureurs, une belle image de solidarité.

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Une bonne ambiance et un joli paysage sur le tracé du marathon.

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Au kilomètre 20, j’ai eu le plaisir de croiser un coureur d’une soixantaine d’années (non inscrit sur la course mais qui faisait le parcours pour s’entraîner) avec qui j’allais faire un bout de chemin (jusqu’au 30ème km). En discutant avec lui j’ai appris qu’il avait 14 100km de Millau et 2 Spartathlon (une course de 247 km entre Athènes et Sparte) à son actif, mes yeux se sont écarquillés quand j’ai entendu ça… Le Spartathlon étant mon objectif de coureur à très très long terme, mais avant cela faut d’abord devenir cent-bornard.

Au 30ème kilomètres, vers 12h30, la chaleur a commencé à pointer son nez. Le 30ème kilomètres est aussi synonyme du début d’un petit jeu entre moi et un autre cent-bornard, celui du chat et de la souris qui allait durer jusqu’au 98ème kilomètres.

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Début du jeu du chat et la souris avec un autre cent-bornard.
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Petit bout de chemin avec un multiple cent-bornard.

À ce niveau de la course, les sensations sont toujours excellentes mais les jambes commencent légèrement à ressentir le parcours vallonné. Heureusement pour moi, Lucas et Marine mettent l’ambiance et arguent la foule de m’encourager. Lucas crie « C’est Kéké, le futur champion » à tous les spectateurs. On peut dire qu’ils prennent leur tâche à cœur ces deux-là. Le premier retour sur Millau se conclue sans souci au 42ème kilomètres en 3h38min par le passage dans la salle des fêtes. Après quelques verres de Coca-cola bien frais, je ressort de la salle pour retrouver Lucas et Marine (qui ont rechargé les bouteilles en eau). Avant de reprendre la route Marine me passe mon téléphone pour que je puisse répondre à ma grand-mère qui se demandait ce que je faisait cette après-midi. Quelques minutes plus tard, je prends la direction de Saint-Afrique et au moment de sortir du Parc de la Victoire contenant la salle des fête je croise Philippe qui boucle son marathon en 3h42min. À partir de ce moment, j’ai demandé à mes suiveurs de mettre la musique que j’avais soigneusement préparé et qui allait bien m’aider par la suite.

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Quelque part entre le 30ème et le 42ème km.

42 km – 71 km : La zone de tous les dangers

En sortant de Millau, j’ai la surprise d’entendre crier mon nom dans un restaurant sur le côté de la route, c’était Cédric Riboulet et Valérie Tixier (deux camarades de Montpellier) qui étaient là pour reconnaître le parcours des Templiers. Quelques centaines de mètre après Millau, nous nous faisons doubler par un cent-bornard qui coure à toute allure, là je me dis « euh, il a bien couru le marathon ?? » car il partait comme si il faisait un 10000m et non un 100km… Un peu plus, loin nous arrivons au premier ravito post-marathon où je vois Raphaël qui m’annonce qu’il a abandonné à cause de la chaleur et qu’il se préservait pour les Templiers. Je dois avouer qu’au début j’ai été un peu déçu pour lui, mais sachant que les Templiers est son objectif majeur de cette année (pour récolter ses derniers points UTMB), je me suis vite dit qu’il a fait preuve sagesse en renonçant à continuer la course. Honnêtement, je ne sais pas si je saurai faire preuve d’une telle sagesse dans la même situation.

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On quitte Millau pour prendre la direction du Viaduc, tout au fond…

Juste après ça, je regarde ma montre pour savoir où j’en suis, je me rends compte de 2 choses : la première fut de constater qu’elle n’affichait plus la vitesse. La deuxième que j’étais en retard par rapport au plan de marche que j’avais établie. Sachant que je n’avais plus de vitesse pour régler mon tempo et que mes jambes étaient plus marquées qu’elles ne devaient l’être, j’ai pris la décision de finir la course aux sensations, de mettre de côté l’objectif horaire et de profiter à fond de chaque pas qui me rapprochait mon rêve.

Le 47ème Kilomètres arrive ce qui signifie que la première grosse difficulté de la journée approche. Quand j’aperçois le Viaduc de Millau je me dis, dans un premier, « waouw, c’est magnifique », après je vois le mur à franchir pour l’atteindre et là ça fait mal psychologiquement. La côte ne fait que 2 km mais elle est extrêmement raide. Au moment de l’attaquer, je m’aperçois que tout le monde, ou presque, marche dans cette ascension (coureurs comme cyclistes) et que le meneur d’allure 9h est sur mes talons. Je baisse la visière de ma casquette et fixe toute mon attention sur le mouvement de mes jambes pour franchir cette côte d’une seule traite. Cette ascension a été le seul moment de la course où mes deux fidèles acolytes (Lucas et Marine) ont eu autant de mal que moi à avancer.

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Première côte, approche du Viaduc de Millau.
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Photo officielle de la Team Frodon au 50ème km.

Le passage sous le Viaduc de Millau et également celui où nous passons le panneau marquant le 50ème km. Là Lucas me dit « super, tu as fait la moitié de la course » et je lui réponds « non non, j’aurais fait la moitié à Saint-Afrique ». En effet, je savais très bien que si j’arrivais à Saint-Afrique rien ne pourrait m’empêcher de finir les 100km. Sous le viaduc, le meneur d’allure 9h (qui a perdu dans l’ascension tous les coureurs qui le suivait) me dépose, tout simplement… Pour en finir avec le passage sous le viaduc, il nous reste à redescendre sur Saint-Georges de Luzençon. La descente fut beaucoup plus douloureuse que l’ascension, la pente vertigineuse et longue a mis au supplice mes jambes. Honnêtement, à ce moment là j’aurais préféré me refaire la côte dans l’autre sens.

À Saint-Georges de Luzençon, nous nous arrêtons 5min pour que je puisse boire un peu de coca-cola et manger deux petits toast au fromage. Bon j’avoue cet arrêt a été fortement recommandé par Marine qui s’inquiétait de voir que depuis Millau (soit 10 km) je n’avais presque pas mangé ni bu. Cela été le fait de la chaleur qui est en quelque sorte ma kryptonite. Elle a pour effet de me couper l’appétit, enfin plus de faire en sorte que mon estomac refuse d’accepter la quasi-totalité des aliments que je lui présente. Heureusement que lors de l’Hérault Trail j’avais également subit une grosse chaleur qui m’a beaucoup appris sur la gestion de moments pas franchement sympathique. Du coup, j’ai appliqué une approche très simple, boire le strict minimum et exclusivement du coca-cola (seul chose que mon estomac tolérait), de m’arroser le plus possible (pour faire descendre ma température) et d’attendre que les heures chaudes passent.

Le bout de chemin entre Saint-Georges de Luzençon (52ème km) et Saint-Rome de Cernon (60ème km) se déroule sans aucun souci pour moi. Ce qui ne fut pas le cas de chez les autres coureurs, j’ai appris à ce moment là que le meneur d’allure 10h avait jeter l’éponge et que la chaleur avait fait des dégâts dans le peloton. C’est également le moment de dire au revoir à Lucas, qui devait nous quitter après avoir parcourue 55 km avec nous dans la joie et la bonne humeur. Ainsi, la Team Frodon ne fut composée plus que de Marine et moi-même.

Saint-Rome de Cernon enfin atteint, il ne me restait plus que la très redoutée côte de Tiergues à monter (et descendre) pour atteindre Saint-Afrique. Le point positif de cette côte réside, pour moi, dans le fait qu’étant en lacet on ne voit pas sa fin. On peut donc facilement la découper en plusieurs morceaux pour éviter de trop se faire mal psychologiquement. Ma stratégie pour vaincre cette ascension a été simple, faire 4 min de course suivit d’1min de marche et ainsi de suite jusqu’au sommet. Cette stratégie m’a permis de passer cette obstacle sans trop de souci. Le moment fort de cette ascension fut celui où nous avons croisé Hervé, en deuxième position à quelques dizaines de mètres derrière Mickaël Jeanne. Avec Marine, nous avons criés pour l’encourager ; encouragements qui malgré son effort il nous a retourné. À partir de ce moment là et jusqu’à Saint-Afrique j’allais croiser (et encourager) tous les coureurs qui étaient sur le retour.

Une fois la côté franchie, il nous restait plus qu’une longue descente avant d’attaquer le retour (tant attendue) vers Millau. Dans les premiers mètre de la descente nous atteignons un ravito où l’ambiance était festive. En effet, les bénévoles avaient mis la musique à fond et encourageaient les coureurs avec énergie. Pour l’anecdote quand nous y sommes passé avec Marine, ils passaient la musique « tomber la chemise ». Une fois encore, la descente a été douloureuse.

L’arriver à Saint-Afrique a été une sorte de soulagement pour moi, je savais que le plus dure était derrière moi et que les heures chaudes étaient passées. Je me souviens avoir regarder ma montre juste avant d’atteindre le ravito et de mettre fait la réflexion suivante : « 6h45 de course, mince ça va être chaud de passer sous les 10h… ». Je n’ai même pas (sur le coup) relevé le fait que cela faisait 6h45min que je courais, car assez étrangement je n’était pas trop fatigué. Je peux remercier Coach Sylvie pour le plan d’entraînement qu’elle m’avait donné. Par mesure de précaution et parce que mes jambes étaient un peu fatigué, j’ai décidé d’aller me faire masser une dizaine de minutes. Bien entendu, je savais qu’en faisant cela je faisais une croix définitive sur le fait de courir les 100km en moins de 10h. Après ce petit massage qui m’a fait beaucoup de bien, j’ai demandé à Marine à changer de chaussure, car j’avais les pieds qui commençait à chauffer, fait tout à fait normale après 70km de course. Quelques pas après avoir enfilé l’autre paire de chaussures je me suis rendu compte que cela n’allait pas le faire et j’ai donc remis les chaussures que je venais juste d’enlever. Je profite également de cet arrêt pour demander à Marine de me donner une pomme de terre à manger et mon téléphone. J’ai pris le temps de manger ma petite pomme de terre (pour me redonner des forces) et de lire les nombreux messages d’encouragements que j’avais reçu (chose qui m’a reboosté).

71 km – 100 km : Le rêve devient réalité

7h07 après avoir pris le départ des 100km de Millau, je quitte Saint-Afrique, toujours fidèlement accompagné par Marine. Sortir de Saint-Afrique, signifie aussi recommencer l’ascension de la côte de Tiergues, mais contrairement à la première fois je ferais partie des coureurs qui attaquent le retour vers Millau.

J’attaque la côte de Tiergues comme si la course commencée là et avec la même stratégie que la première fois (4min de course pour 1min de marche). Là je me rends compte que je fais partie de la tête de la course et que le « peloton » des coureurs n’est pas encore arrivé à Saint-Afrique. Je dois signaler un fait que je n’ai pas connue sur les autres courses auxquelles j’ai participé : tous les coureurs que j’allais croiser lors du chemin qui me conduisit à Millau allaient m’encourager et ceux malgré la souffrance, la difficulté qu’ils rencontraient. Dans cette côte, je croise (au bout d’un petit moment) le panneau qui indique que j’ai parcourue 75 km, j’ai pris le temps d’aller l’embrasser. Ce panneau symbolisait la plus grande distance que j’avais courue à ce jour et également les 3/4 de la course. En règle général, ce point précis d’une course et le point où le coureur craque. Ce n’est pas pour rien que le fameux « Mur » du marathon se trouve au 3/4 de la course, le 30ème km. Au cours de l’ascension, nous nous faisons remarquer par les autres participants grâce à notre musique. Je me souviens que juste après ce panneau la chanson « Happy » de Pharrell Williams sortait des enceintes. Il se trouve qu’elle reflétait parfaitement mon état d’esprit du moment : heureux d’être là, de participer à cette course mythique. D’ailleurs je me souviens qu’à ce moment précis nous doublons un coureur qui semble apprécier notre musique, Marine lui dit de se joindre à nous et ainsi pour quelques minutes nous nous retrouvons à trois pour finir l’ascension.

La longue partie entre le sommet de la côte de Tiergues et le retour à Saint-Georges de Luzençon fut un périple qui mêla paysage magnifique, échanges avec les autres cent-bornards et la joie de se dire que chaque nouveau pas me rapproche de Millau. Durant ce bout de chemin, j’apprends que malgré une belle et intense bagarre Hervé fini second de la course à seulement 2 min de Mickaël Jeanne. Marine qui est en liaison direct avec les copains du M2AM, qui nous attendent à Millau, me dit qu’ils veulent nous voir arriver mais qu’il faut se dépêcher un peu. Honnêtement, je sais que finir en 10h30min est jouable mais que cela va être dure, surtout qu’il nous reste l’ascension jusqu’au viaduc à recommencer.

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Malgré plus de 80km de parcourue on continue de s’amuser.

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Quand nous arrivons à Saint-Georges de Luzençon, au 87ème km, nous apercevons Valérie et Cédric, qui se précipitent vers nous pour nous encourager. Nous nous arrêtons 2 min, pour échanger quelques mots, apprendre qu’ils ont pu suivre Hervé sur la fin du parcours et que je ne dois pas faiblir car j’arrive au bout de la course.

Ces retrouvailles me font beaucoup de bien et je ne sens presque plus la douleur dans mes jambes. J’attaque la dernière ascension de la journée plus motivé que jamais. En prime, la nuit commence à tomber, ce qui me permet d’assister au coucher de soleil en étant au pied du Viaduc. Ainsi, j’ai le soleil couchant derrière moi et Millau qui commence à briller devant moi. Rien que pour cette vu, je ne suis absolument pas déçu de finir plus tard que prévus.

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Dernière ascension, au niveau du 90ème km.

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La dernière descente de ce périple me casse les jambes et je ne peux même pas dérouler la foulée. Par contre, d’autres coureurs qui eux peuvent encore le faire nous dépassent à toute vitesse. À la fin de la descente, je vois le panneau indiquant le 95ème km. Je me dis « j’y suis presque, plus qu’un petit faux-plat et me voilà cent-bornard ».

Vers le 97ème km, nous arrivons (avec Marine) au dernier ravito avant la ligne d’arrivée. Ravito où Sylvie et Christophe sont venues nous attendre pour finir avec nous. C’était une petite surprise qu’ils avaient préparé avec Marine à mon intention. Je me rappel aussi qu’à notre passage les bénévoles du ravito étaient en délire et nous encourager comme si ce n’était que le début de la journée. Tout cela a fait disparaître la fatigue qui m’avait gagné au fil des kilomètres. Je me sens frais pour finir la course. Quelques mètres plus loin je retrouve le coureur avec qui j’ai joué au chat et à la souris depuis le 30ème km. Il est certes moins « frais » que moi, mais tout aussi déterminé à en finir. Nous faisons un bout de chemin ensemble et je souhaite finir avec lui mais il me dit qu’il est à bout et de ne pas l’attendre. Je suis tellement content d’approcher de la fin que je ne me rends même pas compte que j’accélère progressivement. Cela à pour conséquence, le fait que je lâche mon camarade de jeux pour finir entouré de Marine, Sylvie et Christophe qui ne cessent de m’encourager.

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97ème km, je retrouve mon camarade de jeu.

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Au grand étonnement de Sylvie j’ai encore la force de saluer les personnes qui m’encouragent sur le côté de la route. Le panneau 99ème km est en vue. Le dernier kilomètre est en faux-plat montant, mais cela ne gêne absolument pas. Un coureur me passe devant à toute allure, il est malgré 99 kilomètres encore frais. Là mon esprit de compétition se réveil et j’accélère pour le suivre, je donne tout mais il est plus fort. Marine, Sylvie et Christophe m’encourage de plus belle et je finis fièrement après 10h26min56s d’efforts.

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Dernière foulées avant de franchir la ligne d’arrivée.

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Je franchis la lignée d’arrivée déterminé. Une fois arrêté je suis tout simplement heureux, là le speaker me dit que je finis 98ème, puis se reprend vite pour me dire que je suis en faite 99ème. Je souris de ce hasard qui me fait finir en 99ème position sachant que j’ai le dossard 99. Je retrouve très vite Philippe, qui après avoir fini son marathon a décidé de rester pour assister à mon arrivée. Marine, Sylvie et Christophe nous retrouve, tous me félicitent, je pleurs de joie, j’ai enfin réalisé un de mes rêves. Je suis cent-bornard. Les minutes qui suivent sont très riches en émotions, avec Marine nous prenons la pose à côté du panneau 100km pour immortaliser la fin de cette belle aventure. Une fois la photo prise, je raconte brièvement aux reste de la troupe mes sensations durant la course. Bon je dois avouer que Coach Sylvie n’a pas forcement appréciée le fait que je me sois arrêter à Saint-Afrique pour me faire masser. Il faut avouer que sans cette arrêt (20 min en tout), j’aurais pu me battre pour franchir la barre des 10h.

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Premières photos d’un néo-cent-bornard.

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Pour finir la journée en beauté, je fais me faire masser. Cette fois, je suis les conseils de la Coach à qui je viens de dire au revoir. Elle et Christophe devaient repartir sur Montpellier car le lendemain ils allaient se faire une longue séance au Pic Saint-Loup. Bref, je profite d’un repos bien mériter tandis qu’une bénévole me masse les jambes. Là je me rends compte que je finis plutôt en bonne état comparé à certains de mes camarades cent-bornards. À ma droite, le coureur a les pieds tellement rempli d’ampoules qu’il monopolise le podologue durant bonne 10min. Comme quoi courir un 100km, ça n’use pas que les chaussures ^^. Dans la file d’attente, j’entends qu’un coureur fais un malaise.

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Quelques secondes après l’arivée, Frodon est un peu fatigué.
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Après l’effort, le réconfort.

Après ce bon moment pour moi, je retrouve Philippe et Marine. Une fois encore, Marine à une petite surprise pour moi, la photo prise au 50ème km. Un beau souvenir d’une aventure tout simplement grandiose.

Au final je finis donc en 10h26min56s, à la 99ème position au scratch et à la 26ème position chez les seniors. Je suis certes loin des 9h que je visais initialement. Pour un premier 100km, à Millau qui plus est, cela était un peu trop ambitieux. Il a deux domaine dans les quels je manquais d’entraînements :

– Les côtes, surtout la VMA en côte.

– Les descentes, partie où j’ai souffert et même perdu du temps.

Cette course m’a permis de me rendre compte que même un 100km n’est pas suffisamment long pour que je doivent me dépasser, en terme d’endurance et si j’y suis bien préparé comme se fut le cas à Millau. En effet, je suis passé à la longue, très longue distance pour me dépasser, comme ce n’est pas encore le cas il je crois que je n’ai pas le choix : Je dois courir plus loin et plus longtemps.

Et voilà la fin du récit des aventures d’un jeune hobbit qui appartient désormais au monde des grands, celui des cent-bornards.

Remerciement spéciale à :

Geoffroy Sarran, récent vainqueur du Trail Tour National, pour m’avoir permis de faire quelques séances de vitesse avec lui.

Khier Boudissa, mon fidèle Sam, pour avoir fait les séances de VMA en ma compagnie.

Chloé Coenye, pour m’avoir accompagné sur quelques sorties longues.

Coline Perrier, dit Rustine, qui fidèle à elle-même a gambadé quelques fois avec moi.

Philippe Grassin, qui m’a suivi lors de ma sortie la plus longue et la plus chaude qui nous conduisit de Philippidès à Cazevieille.

Sylvie Fourdrinier, Hervé Seitz et Raphaël Gerardin, tous cent-bornards confirmés, pour leur nombreux et précieux conseils.

Lucas Bétrancourt et Marine Blanpain pour avoir accepté de me suivre sur la course et avoir rempli leurs rôles dans la bonne humeur et avec une abnégation sans égale.

Christophe Lagneaux, Valérie Tixier et Cédric Riboulet pour leurs encouragements sur le parcours.

Un grand merci à tous les copains du Hors-Stade et les potos de Montpellier pour leurs soutiens.

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