« On l’a fait ! »

Mai 2005 : je m’inscris pour les 100km de millau, quitte à en faire un autant faire le plus mythique, surtout que les rumeurs de changement de parcours se font entendre.

Avec mon abonnement à Jog.Int, j’ai droit à un plan d’entrainement gratuit, je choisis donc le plan 100km, je vais le suivre à la lettre en rajoutant parfois une 6° séance dans la semaine. Le plan dure 12 semaines + 2 de récup.

Mi-juin j’attaque mon entrainement et j’en profite pour arreter de fumer pour la énième fois. l’inconvénient de Millau c’est que vous devez vous entrainer tout l’été et les séances par 35° à l’ombre vont etre pénible mais au moins s’il fait chaud à Millau je serai habitué. Millau c’est aussi 1000m de dénivellé + répartis principalement sur 4 difficultés dans la 2° partie du parcours, j’irai donc faire quelques sorties au mont ventoux : partir du chalet reynard, aller au sommet, descendre au mont serein puis revenir et enfin quelques sorties au col de murs dont une avec coco qui sera mon accompagnateur vélo à Millau.

Sur ces 14 semaines je vais effectuer 1030km, reste les cent derniers à faire…

Départ vendredi à 13h30 j’ai refait 10 fois mon sac, dans des petits sacs de congélation je me suis fait une petite pharmacie, mes ravitos en boisson énergétique, des barres et meme des TUC pour avoir un peu de salé ( sur le parcours on me demandera si j’ai le pastis ). Je récupère coco on charge le vélo et 2h30 plus tard on est à Millau, l’hotel n’ouvrant qu’à 17h, on part repérer la 2° partie du parcours Millau-St Affrique : 1° coup de cul au 47°kil sous le viaduc, on arrive ensuite à St georges de luzençon puis direction St rome de cernon 7 kil plus loin ou l’on va enfin tourner à droite pour affronter la fameuse cote de Tiergues, on en sera au 60° kil, là tu commences un peu à baliser, la descente sur St-affrique est bien pentue mais on doit pouvoir recuperer, on fait le tour de la ville puis on refait le meme chemin en sens inverse, la dernière cote se situera au 90° kil.

On rentre à l’hotel poser nos affaires et on va au parc de la victoire (qui j’espere sera le mien) chercher nos dossards, je récupere le N°49, on a droit à un beau tee-shirt technique Mizuno + 1 ticket repas pour samedi soir. mon pote Sylvain est venu passer le WE à Millau en amoureux et un peu pour m’encourager aussi, on se rejoint et on se trouve un petit resto ou on va vraiment bien rire avec la serveuse.

A 22h direction le lit mais la nuit va etre courte car coco est un champion catégorie « ronflage », je vais lire l’équipe dans la salle de bain, je dormirai un peu entre 6h30 et 7h.

7h15 debout, je mange mon Gatosport puis on prépare le sac à dos que coco emportera avec Kwai, affaire de réchange,pharmacie et le panier de la ménagère que l’on fixera sur le vélo avec tout mon ravito.

A 8h45 on est au parc, on enregistre mon dossard, je mets mon corsaire des Clm, je suis pret. à 9h30 les accompagnateurs partent à Aguessac distant de 6 km ou ils nous attendront. nous, nous descendons vers la ligne de départ derrière la fanfare, on se croirait des guerriers allant au combat, la tension monte. je rencontre 2 gars de mon asso qui ont l’habitude de Millau ils me filent leurs derniers conseils,Sylvain est là derniers encouragements et à 10h c’est le départ sous une pluie de cotillons.

Le suis vers la fin du peloton, je démarre donc très doucement ce qui n’est pas plus mal, je compte mettre 10 heurs soit 6’/kil mais sur la 1° boucle (un marathon) j’ai prévu du 5’/kil mais je decide d’etre plus prudent en me calant sur mon cardio à 120 puls ce qui donne du 5’20/kil, à cette allure beaucoup sont faciles et ça discute pas mal dans le peloton chacun y allant de sa petite histoire, il fait beau un peu frais, le temps idéal. je rejoins coco au 6°kilo, c’est fou tout ces velo, je m’arrete 30s pour boire un coup et on part pour une longue ballade qui j’espere se terminera avant la nuit. cette 1° partie de course se fait le long du Tarn, cela me rappelle un peu le marathon d’Albi il faudra que je vienne un jour dans le coin en vacances.je passe au 10° kil en 53’10 vraiment cool, avec coco on fait que blaguer, on admire le paysage.toutes les 10′ il me passe mon bidon pour une gorgée de boisson que je complete avec 1 gel toutes les heures. un coureur de Nice se joint à nous les kilo passent plus vite en discutant, à la vue du panneau du 20° il lance : plus que 80km ! je prefere penser on a fait 1/5° du parcours, meilleur pour le moral ! certains coureurs commencent à tirer la langue mais il s’agit de coureur s du marathon, il vaut mieux; je suis toujours régulier 53’07 pour ce second 10, on passe sur le Tarn et on fait demi-tour avec une petite cote pour commencer, dans le village de Peyreleau des mamies nous encouragent et elles nous crient : alors elles sont belles nos montagnes!! mais oui.

Cette partie pour retouner sur Millau est un peu plus vallonée, je rattrape le meneur d’allure des 10 heures j’y demande s’il est le sur bon tempo il me repond que oui mais je le sens pas très confiant car il m’explique que son record est à 9h45 ce qui ne lui laisse que 15′ de marge, pas le droit à la moindre défaillance. je comptai rester avec lui mais son allure ne me convient pas car il faut que je me freine donc je decide de filer on verra plus tard.Ma femme m’appelle sur le portable ça fait du bien pour le moral elle me passe ma fille qui a 6 ans « allez papa » elle me crie ça me rappelle l’année dernère quand elle voulait courir le marathon si je lui donnai la main. la chaleur commence à se faire sentir, au cardio je suis à 130 puls, je décide de ne plus le regarder et de courir à mes sensations, au ravito du 30° je fais ma 1° pause de 2′ je respire pronfédement, bois un coup et je repard doucement en marchant, j’essaye de m’économiser le plus possible, à part de petites douleurs sous la plante des pieds tout va bien, je double des marathoniens qui ont pris le mur du 35° allez l’arrivée est proche.

On arrive dans Millau, je commence à avoir faim,les odeurs de barbecue dans les jardins et le passage devant les restos m’ont ouvert l’appétit et justement Sylvain et annie sont là à la terasse d’un resto au bord du parcours, il loupe la photo c’est pas grave on repasse par là tout à l’heure, on rejoint le parc de la victoire on monte sur l’estrade dans la salle c’est la fin du marathon que je passe en 3h48, je ne m’arrete pas au ravito ça avait l’air trop bien je prefere vite partir pour attaquer le vrai début de la course.

On repasse dans le centre ville, Sylvain ne loupe pas la photo cette fois, je réalise que je suis passé dans le monde de l’ultra, les jambes commencent à etre dure, j’interroge un coureur qui est avec moi pour savoir comment il se sent il est dans le meme état que moi ce qui me rassure un peu. Par contre j’ai faim et de plus en plus, j’arrive au ravito en hypo, j’avale tout ce qui est devant moi : chocolat, bananes, pate de fruit, jambon blanc puis je bois 1/2 litre de perrierje redémarre en marchant mais assez vite tout rentre dans l’ordre il vaut mieux car la 1° vrai difficulté du parcours arrive, dans cette cote je vois que tout le monde marche, je sais qu’à la sortie de Millau je suis classé dans les 70° et je me dis qu’en montant en courant je vais gagner pas mal de places, je vais monter à plus de 10 à l’heure mais en plus sans avoir l’impression de forcer, je lache meme coco en plus à ce moment Rakojf téléphone : il en est ou ? dans un rale : sous le pont !!! à l’instant je plane mais la vue du panneau du 50°kil(4h37) me rappelle à la dure réalité : je n’ai fait que la moitié!! la descente qui suit fait mal aux jambes, j’essaye de raser le plus plus possible le bitume pour avoir le moins de chocs possible, on arrive à St georges, place maintenant à 7 km d’un léger faux plat montant, cette partie va etre longue et monotone, il fait chaud guere de coureurs en vue. comme la route est fermée des familles font du vélo tranquillement, je double une petite fille en vélo je lui dis qu’elle en fait tres bien et elle se retourne vers sa maman toute fière, sur la gauche 2 équipes de foot s’échauffent avant le match, cela me rappelle mes années foot à une époque ou je courai un peu plus vite que maintenant. je commence à ralentir sensiblement et le coureur qui est devant moi à 60m en fait de meme car pendant 2 km on va garder le meme écart. St rome de cernon se rapproche (60°kil), je m’arrete au ravito et je discute un peu avec le gars qui était devant moi, pour lui c’est son second millau, l’année derniere il avait explosé au 50°.je me régale avec le jambon blanc moi qui en mange rarement là c’est trop bon. on repart ensemble pret à attaquer la légende, le juge de paix : la cote de Tiergues, je lache de suite mon collegue, comme pour la cote de creissels je me sens super bien en attaquant la cote je n’ai plus mal aux jambes, j’aperçois des coureurs devant qui marchent, je vais pouvoir gagner encore pas mal de places, le téléphone sonne encore cette fois c’est mon fils et coco qui rale encore : pourquoi ils appelent quand ça monte, au 3/4 de la cote un coureur vomit tout ce qu’il a, un gars lui demande si ça va et l’autre oui réponds traquille oui,oui et il re-gerbe de plus belle !! j’hallucine. juste au sommet de la cote je croise le futur vainqueur B.Heubi escorté par une dizaine de vélos, allez bruno!! dire que 2 jours avant je lui ai dit sur son forum que j’avais révé qu’il finirait 5°, à l’arrivée j’irai lui dire que je m’étais un peu planté!!

Place à la descente sur St-affrique, 7 kil qui vont etre terrible pour les quadriceps, en temps normal j’adore les descentes ici c’est un calvaire, on croise les 1° qui eux remontent, je les encourage meme pour eux c’est dur. enfin les 1° maisons de St-affrique on passe dans le centre ville, je tourne à gauche, coco me rappelle c’est pas là qu’on tourne, plus trop lucide le gars. j’essaye de bien récupérer au ravito, je mange mon jambon (toujours aussi bon) bois mon perrier et repards cahin-caha, dur de remettre la machine en route mais maintenant direction l’arrivée. juste avant de sortir une fille, la trentaine à moitié saoule m’accompagne sur 50m elle me dit ça fait 30 fois que je fais ça, j’en ai marre, tu parles avec ce qu’elle tient c’est normal !! faut remonter la cote 7 km et la encore je suis mieux meme si je monte moins vite que tout à l’heure je cours encore, je rattrappe encore 3 coureurs et me mets à rever à une place dans les 30,c’est à mon tour d’etre encourager par ceux qui descendent et je comprends pourquoi ils ne me répondaient pas tout à l’heure,peux plus parler, j’essaye de faire au moins un signe de la tete. juste avant le ravito de tiergues je vais marcher pour la 1° fois, pas longtemps histoire d’un peu récupérer, au ravito,il y a pas mal de coureurs comme d’hab je mange vous savez quoi, je souffle bien en contemplant le paysage sur ma droite tout en urinant. il reste 1 km de montée, les coureurs que j’avais doublé me sont repassés devant, je les repasserai avant la fin de la cote, on redescend sur St rome, presque tout le temps de la descente je vais courir sur le bas coté de la route dans l’herbe espérant juste ne pas mettre le pied dans un trou, tout les coureurs qui montent marche,la moitié te félicite c’est super parfois tu vois une pointe d’admiration dans leurs regards t’en oublies presque que tu as mal.sylvain est à St rome il a fait le detour par chez pas ou pour me voir 10s moi aussi je suis content de le voir,je croise pascal un réunionnais de mon asso il est à pieds nu je sais pas ou il a mis ses baskets, la veille il s’est acheté une paire neuve, lui qui d’habitude cours en sandale n’a pas du supporter. nouvel arret, maintenant à chaque ravito c’est la pause. le panneau du 85°kil arrive, plus que 15 bornes mais je calcule qu’à l’allure ou je cours c’est encore au moins 1h30 de course, put.. j’ai l’art de me casser le moral, bon je calcule plus je cours et j’attends que ça se passe, coco fait un monologue, j’arrive plus à lui répondre ou alors par des grognements. 90°kil, 3’d’arret avant la dernière cote, quand je ressors je m’aperçois que 2 coureurs m’ont passé devant, j’attaque la dernière cote avec l’espoir de les rattrapper,petit à petit je les remonte puis les passe, Campet marche il était en tete au 45°,il a du avoir un gros probleme mais il n’a pas abandonné, chapeau!! la descente derriere est terrible je cours moins encore qu’en montée, mon ventre est completement bloqué, 1 des coureurs me passe comme une fleche, tant pis il reste 6 kil je vais finir comme je peux mais en bas ça va un peu mieux j’arrive à me décontracter, 150m plus loin je vois que la fleche marche et qu’il s’est arreté au ravito du 95°, pourquoi pas allé récupérer ma place ? je passe devant le ravito et là je le zappe je cris quand meme merci aux bénévoles qui eux vont rester ici jusqu’au matin, je le rattrappe au 97° il est mal en point dire que 10’avant il volait, je continue à mon rythme et l’encourage, on rentre dans Millau tant bien que mal je maintiens mon allure, on rentre dans le parc, avec coco on se congratule, je rentre dans la salle un dernier petit effort pour monter sur l’estrade et là t’es accueilli en champion par le public présent, on me remet mon diplome et je vais vite chercher coco pour se boire une bonne bière.

ON L’A FAIT !!!

On rentre à l’hotel se changer puis on revient dans la salle manger en regardant les coureurs arrivés au fur et à mesure accueillis comme il se doit.

Résultat : 9h37’40 », 27e.