« Abandonner ? L’idée ne m’a pas effleuré »

Vendredi matin, je récupère « Fredouille » sur Toulon avant de rejoindre Peynier… en plein travaux ! En effet, le club sportif local PSN (pour Peynier Sport Nature) a décidé d’organiser un 24 h en mai 2009 et à ce titre la municipalité a décidé de mettre les petits plats dans les grands : construction d’une Tour Eiffel, reconstruction à l’identique du château de Versailles, détournement du Rhône (rebaptisé la Seine pour l’occasion !) pour construire un pont qui reliera le Mont Ventoux au Mont… Faron ! Bref, de menus travaux.

Revenons à nos moutons. On était en retard ! Pour rattraper le dit retard, Domi et Mme Domi versent rapidement dans nos gosiers assoiffés une infâme mixture non sucrée que l’on appelle café. C’est que la « Famillau » n’attends pas ! La bouche brûlée au 4e degré, nous prenons la direction de Millau. Après un bref séjour au service des grands brulés de l’hôpital de la Timone, nous atteignons Montpellier où un panneau indicateur conçu et fabriqué par la DDE nous indique Millau à droite, tournez à droite, maintenant, oui tout de suite ! Que nenni ! Le Domi conseille d’aller jusqu’à Béziers… La peur de quitter la Méditerranée sans doute… Ainsi, devant la vue magnifique des contre-forts des Pyrénées et la gentillesse des douaniers espagnols qui nous ont demandé nos passeports, nous décidâmes de tourner (enfin !) à droite pour rejoindre Millau… Bon, je passe les détails.

Arrêt pipi… On passe le viaduc… Mais ce coup-ci, étant sur mes gardes, je n’ai pas attendu de voir la Tour Eiffel pour tourner à droite et descendre vers Millau. Traversée de la ville, petit coup de fil à Sarah pour rejoindre le camping… « Tu va voir, c’est pas compliqué, c’est facile… » Et je te passe le pont sur le Tarn dans un sens, et je te le repasse dans l’autre sens, les tennis à droite, non à gauche, bref… Après près de 4h de route et 500 litres de gasoil, nous voici dans les bras de la « Famillau » !

Un petit pastaga de Domnac que j’ai confondu avec un yaourt tellement la cuillère tenait toute seule, le stand, les dossards, le streap-tease de Frantz devant une salle ébahie où j’ai été obligé de défendre sa virginité devant les assauts des Aveyronnaises (du Nord et du Sud !) attirées par les « chinoiseries »… Bref tout cela vous le savez puisque vous y étiez ! Le lendemain, parait qu’il y a un cross ???

Départ avec Louis Benoit, j’ai cinq couches d’habits sur moi. Je laisse sans regret mon tee-shirt de « no finisher » de l’UTA sur un grillage, je jette mon bonnet de laine, j’arrache mon sweat et me propulse dans la foule. C’est que Sarah m’attend (je crois qu’elle en attendait d’autres aussi… mais suis pas sur !) à Aguessac. On remonte sur le suiveur de 10 h et on reste calé quelques mètres derrière. Tout va bien, ça papote, je discute avec Momovh3, je double une connaissance qui fait le marathon de New-York prochainement… De loin on voit Sarah et Fredouille (tout à gauche !), on arrive au 21… Petite côte de Peyreleau, no problème. Louis-Benoit lâche un peu vers le 30e mais je reste calé avec les 10 heures. Le retour sur Millau sans problème et je passe le marathon en 3h55′, pile-poil dans les temps !  Sortie de Millau… Tiens ! Cela tire un peu dans les jambes…. Montée de Creissels, j’alterne course et marche mais cela passe bien. Sous le viaduc, je ressens des picotements sous le pied. Merde, pas une ampoule !? Et ben si… les deux pieds… Le plus étrange est que cela vient d’un coup. La descente devient difficile, j’ai les pieds qui chauffent et en plus il faut sourire devant le photographe. Louis-Benoit me rattrape, je marche et je marche !

Au ravitaillement en bas de la descente, direction les podologues. On enlève la chaussette et là je comprends… Fini pour le « Doudou »… On range le chrono. Une grosse ampoules à chaque pied, je ne comprends pas, j’ai fait comme d’hab : les soins des pieds, la pommade… Je repars en marchant, des fois en trottinant mais pas bien longtemps. Au ravitaillement suivant re-podo. Ce coup-ci on perce les ampoules et deux tonnes et demi de crème dans chaque chaussure… Dans la côte de Tiergues, je me fais doubler par DanL (suiveur de son frère), je croise Samuel Bonaudo qui me fait un petit coucou (allez Sam ! Et oui, c’est un Toulonnais qui gagne Millau cette année !) En haut de Tiergues, de nouveau les podo (en fait, à partir du 55e j’ai fait tous les arrêts podo ! Un régal !) Ce coup-ci on injecte de l’éosine dans l’ampoule. P… que cela fait mal ! Les pieds dans le tulle gras je repars dans la descente vers St-Aff où je trouve le Furet et la Furette. Ils m’aident à m’allonger sur le lit, j’ai les pieds en feux. Entre deux massages et soins podo, j’en profite pour recruter une podologue et une kiné pour les « 24 h de Peynier » (hein qu’il bosse bien le Doudou ? Président !) Je dis « une » parce qu’il semblait y avoir un casting de choix !

Changement de tenue, je change de chaussures, je récupère le téléphone et on repart. Je sais que là, de toutes façons, je rentre en marchant car je peux à peine poser les pieds par terre. Petit coup de fil à Sarah pour dire où j’en suis, à mon épouse (avec mon passage à St Aff avec deux heures de retard, elle avait averti le Crossmed, les hélicos, les pompiers !) à mon coach qui croyait que j’étais déjà arrivé… On me conseille d’abandonner. Même pas l’idée m’a effleuré… J’ai abandonné à l’UTA… Il y a du monde de la « Famillau » derrière moi… JE CONTINUE !!

Dans la montée, je croise Domnac, Frantz, petit coup de fil à Domi qui arrrive en haut de Tiergues, bout de chemin avec Yoyo et Mme, mais je ne peux que marcher. J’ai les pieds en feux. J’ai l’impression de participer activement au réchauffement de la planète. Excusez moi M. Borloo mais j’ai du gaz à effet de serre dans les pompes !… Je fini par croiser Domi, il continue… Super, donc je continue. Dans la descente de Tiergues, j’entends une voix familière (sans accent !) et dans la nuit noire deux cris… DOUDOU !!! MARCEL !!! 2 mn avant j’avais failli me ramasser dans le fossé en voulant faire un pause pipi, entre la frontale, les lentilles de contact, je pensais que les bas coté était plat. Que dalle oui !! Petit bout de chemin avec Marcel et je lui explique mon erreur de débutant. Après le marathon de Paris en avril et l’UTA, tendinite du talon d’achille. Donc j’avais mis des talonnettes dans les chaussures… Entre le stress, la prépa des sacs et tout le reste, j’ai complètement zappé de les enlever (alors qu’en entrainement elles ne m’ont posé aucun problème mais le maxi que j’ai fait : c’est 4 h !) Marcel me laisse à mon triste sort (Roberto !) dans la nuit noire mais c’est sûr, chacun doit garder son rythme et ne pas se refroidir !

Au ravito, en bas, Ô JOIE ! Le cadet est là. Il m’attend. Quel bien fou cela peut faire… Il va nous ramener jusqu’à Millau, moi et mes deux steacks au bout des jambes ! Je ne me souviens plus si je te l’ai dit mais un grand merci le Cadet de m’avoir ramené parce que je sais que 20 km à vélo en suivant un (petit) marcheur la nuit…. t’a été super ! Au ravito, avant la remontée sous le viaduc, Mme domi qui attend avec Marc P et Frantz qui arrive. Pendant que je retourne aux soins, Marc P va à la recherche de Domi. On repart avec le cadet. Après, les soins podo. Les 100 premiers mètres sont l’horreur, j’ai tout simplement l’impression de marcher sur des punaises brulantes, les pieds me brûlent c’est inimaginable. Je repense à Marcel et son pari… Purée que j’aimerais tremper mes pieds dans le Tarn ! Comme je le dis au Cadet, le Tarn prendrait 1°C, voire plus… Et si je les laisse longtemps peut-être quelques cocotiers pousseraient au bord, on y retrouverais des piranhas, crocodiles et autres poissons exotiques.

Je pense que Domi va me rattraper car il marche plus vite que moi, alors avec le Cadet on continue, on discute de tout et de rien, de la « Famillau », du boulot, de l’entrainement. Et comme je lui dis, quand je pense que je me suis tapé des séances VMA en plein cagnard, pour en arriver là ! La descente du viaduc et enfin le dernier ravito. Il reste 4 km. Je zappe les soins, on verra cela à Millau. Petit coup de fil à Domi… Il arrive, il est 500 m derrière. On continue… on se retourne… rien… le 99e… quelques rares passants applaudissent… c’est bien… A l’entrée du Parc de la Victoire, je me pose sur le banc et on attend Domi pour passer la ligne ENSEMBLE ! Voilà c’est fait…

Je n’ai pas amélioré mon temps sur Millau, ce qui était mon objectif, mais cela est plus que largement compensé par le fait d’avoir partager avec la Famillau (et cela est irremplaçable !) J’ai fait une erreur de débutant (les talonnettes !) comme quoi, gardez bien en mémoire qu’il ne faut rien changer pendant une course. Comme m’a dit mon coach, « c’est bien, t’as fait une sortie longue de… 16 h Wink … »

Je retiendrai de vous tous votre gentillesse, le super boulot de Sarah Kiss (t’es trop top), l’amitié du Cadet qui m’a supporté pendant des km et des km, l’humour de Marcel, le Chinois de Frantz, les Aveyronnaises du Nord et du Sud, la formidable volonté d’Isa, finisher des 100 bornes (t’a une super niaque), le chéri n’a qu’à bien se tenir !! Wink … et j’en passe et j’en oublie…
Ah oui ! Mon temps… : 15h51′.

Je retiendrai aussi que lundi matin au réveil… (vous savez les filles, les hommes au réveil, des fois cela gonfle… Et bien moi, ce sont les orteils qui ont plus que doublé de volume. J’ai l’impression d’avoir 5 trénels au bout des pieds… Y’a tout, la couleur, la peau, la forme… Manque plus que la ficelle… J’ai les pieds dans la biogaze enrhubanés de compresses avec les ongles qui sont en train de sauter (bref, un vrai sex symbol !!) Avant je faisais du 40 fillette, maintenant je mets les pompes de mon fils qui fait du 44… Alors pour conclure (enfin!!) j’ai plus d’érection matinale, j’ai les pieds en forme de trenels, et je fais du 44 ! Alors, elle est pas belle la vie ?? Merci qui ??

Merci la Famillau !!!