« Je peux faire encore mieux… l’année prochaine ? »

Après avoir longtemps hésité, je décide de retourner à Millau cette année, en partie à cause de mon échec au 100 km de St Nazaire les Eymes au mois de mars, je ne veux pas rester sur cet échec. Je change de plan d'entraînement en optant pour un de B. Heubi pris sur son site. Tout l'été je vais m'entraîner de façon assidue parfois sous la canicule, c'est bien ça qui me faisait hésiter à refaire Millau cette année.

Cette année, Coco sera encore mon accompagnateur sur les 100 km de Millau, après l’avoir pris, direction Millau que nous atteignons 2h30 plus tard, bien que connaissant le parcours, chaque année je vais reconnaitre la partie St Georges, St Rome, Tiergues ( cela monte toujours !! ), on se rend ensuite à l’hôtel puis au parc de la Victoire.

Je rejoins le stand des meneurs d’allure dont je fais partie cette année (9h), nous sommes là pour répondre aux diverses interrogations des coureurs qui voudront bien nous suivre le lendemain, à 20h, nous montons sur l’estrade, devant les coureurs qui font la pasta-party, nous nous présentons, impressionné, je ne sais même plus ce que j’ai raconté. Après avoir mangé de très bonnes pates à la bolognaise, nous retournons à l’hôtel ou je vais passer une très courte nuit.

7h30, coco me réveille, pendant qu’il va déjeuner, je mange la moitié de mon gatosport et commence à me préparer, 8h45, direction le parc rejoindre l’équipe et faire enregistrer le dossard, il fait bon et une très bonne ambiance régne. Les accompagnateurs se rendent à Aguessac et nous, vers la ligne de départ

10h, c’est parti, j’ai prévu une allure de 5’05 au kilomètre jusqu’au marathon et j’essaye de me caler de suite sur le bon tempo, 4’49 sur le 1°, trop rapide pourtant j’ai l’impression de ne pas avancer, je ralentis, me fait doubler de tous les cotés, au 3° kil je vois 2 collègues de mon club en vélo, un est venu chez ses parents à Millau, l’autre est venu encourager son oncle.

Passage au 5° kil en 25’02 au lieu des 25’25 prévus, on rejoint les vélos et c’est parti pour une longue promenade le long du Tarn, j’entends souvent « ah, le meneur d’allure 9h » mais guère ne reste avec moi, ils doivent être avec Bruno Heubi, ce à quoi je m’attendais, en effet comment faire confiance à un inconnu dont le record est à 9h15 alors que Bruno mène sur la même allure, à leur place j’aurai vite choisi qui suivre ! un coureur restera un peu plus longtemps mais n’ayant pas d’accompagnateur, je le perdrai au ravito du 15°, je me fais presque engueuler par un autre car je suis sur les bases de 8h35, je lui explique que sur la 2° partie, avec les cotes on perdra du temps, il n’a pas l’air de comprendre. 20 ° kil : 1h41’30, 10 secondes d’avance sur mon tableau de marche, tout va bien, à Peyreleau, on fait demi-tour, première petite cote que je passe vraiment à l’aise, je commence à remonter les coureurs partis trop vite sur marathon, la chaleur commence à se faire sentir, je fais gaffe à bien m’hydrater avec la boisson qu’on nous a fournie ( Nutratlétic) qui passe bien, ma foi. 30° kil : 2h32’30, 21’’ d’avance, toujours le bon rythme, on se rapproche enfin de Millau, les cotes sont bien passées mais les jambes commencent à tirer un peu, nous sommes pas mal encouragés dans la ville, passage au marathon en 3h34 en 42° position, 30’’ d’avance, à la sortie de la salle, enfin ma 1° pause pipi, il me tardait !!

La course commence enfin, d’après les temps de passage de B.Heubi je devrai le croiser au repère du 99° kil et nous nous croisons effectivement là, passage sur le pont à la sortie de la ville et virage à droite ou cela monte légèrement et déjà les 1° coureurs qui marchent. Je m’arrête vite fait au ravito du 45° kil boire un verre de St Yorre, la cote du viaduc approche, je vais savoir ou j’en suis, je l’attaque à bon rythme et vais le tenir jusqu’en haut, mon avance de 3 minutes au 50° kil (4h16) me le confirme, photo sous le viaduc puis c’est la descente sur St Georges ou je me fais doubler par AC Fontaine qui a semble t-il mis le turbo !! Je descends pas très vite, je cours à la même allure que sur le plat en fait, j’envoie Coco au ravito m’attendre avec 2 gobelets d’eau pour m’asperger, la chaleur est maintenant bien présente, m’étant entraîné tout l’été par des températures approchant les 40°, je pensais moins souffrir.

Entre St Georges et St Rome, j’en ai marre, je me dis que c’est mon dernier 100 km, ce long faux plat, la chaleur et pas grand monde en vue, que du bonheur !!! Enfin le ravito de St Rome, 60° kil : 5h07’54, 1’06 d’avance, je plonge ma tête dans un baquet d’eau, avale un gel coup de fouet puis attaque la fameuse cote de Tiergues. Ce qui me rassure un peu c’est que j’arrive encore à courir, l’année dernière, j’avais du marcher assez vite dans cette portion, le 1° lacet arrive puis le second, j’essaye de relancer mais je sens une crampe monter, je reste donc à la même allure, la petite maison sur la gauche se rapproche, 2° difficulté passée.

Pour la 1° fois je suis en retard sur mon tableau de marche au 65° kil : + 1’07, nouvel arrêt au ravito de Tiergues pour m’asperger et on attaque la longue descente sur St Affrique, Coco me fait remarquer qu’on n’a pas encore croiser les premiers, bizarre, guère de temps après Morgo arrive, après ses nombreux podiums se serait vraiment bien qu’il remporte enfin son Millau.

70° kil en 6h06, j’ai encore perdu 1’ malgré la descente, petit arrêt au ravito de St Affrique, allez maintenant, on rentre, 1 gel avant d’attaquer la cote, je croise Phil, meneur des 9h30 et Manu celui des 10h, eux aussi, n’ont pas grand monde avec eux, je commence à avoir les encouragements de ceux qui descendent, je leur réponds d’un signe de la main et ils me redonnent un peu le moral. Bien que je n’avance pas très vite, je cours encore et j’attends avec impatience le panneau des 75 km que j’atteins en 6h38’16, cela me rassure j’ai maintenu l’écart, Coco va faire le plein au ravito de Tiergues et je le préviens que je ne m’arrêterai pas, après avoir tourné sur la droite, je vois Lionel et Didier, mes 2 collègues du club, venir à ma rencontre, Lionel m’annonce qu’ils vont faire la fin avec moi, trop bon !!! J’attaque la descente gonflé à bloc, comme par miracle, je retrouve mes jambes, plus de douleurs. Au 80° kil j’ai repris 1’, comme l’année dernière, par moment, j’ai de ces montées ou t’en gueulerai tellement tu es bien mais cette fois j’essaye de contrôler au lieu de me lâcher et d’exploser 3 km plus loin.

Mes trois suiveurs sont à mes petits soins, je rattrape quelques coureurs, les invite à me suivre mais ils sont trop mal, je croise Chantal et son groupe au ravito du 55° kil pour eux, Vincent, son suiveur me voyant repart en arrière pour me prendre en photo, (merci elle est bien) au 85° kil, je me rend compte que je me suis trompé dans mon tableau de marche, je ne sais pas pourquoi, j’ai prévu 30’40 sur ces 5 kms alors qu’ils sont en descente, j’ai couru en 24’28 sur cette partie et du coup je me retrouve avec 5 minutes d’avance. Je rejoins un coureur de Tournon, on discute un peu, il me demande si on ne va pas un peu trop vite, je lui réponds un peu, tu parles on est à 4’50/kil !! Il me dit qu’il va rester avec moi mais il me lâche petit à petit, à St Georges il a 50m d’avance mais malgré qu’il ait un suiveur je le vois rentrer dans la salle du ravito. Dernière difficulté avant l’arrivée, passage au 90° kil en 7h57’49, si je finis à 10 km/h, je ferai moins de 9h !!! Elle va être longue cette cote, je vais marcher même pour la 1° fois, pas longtemps … 5 mètres je crois, Didier m’engueule en me disant « tu ne vas pas craquer maintenant » et je suis reparti.

Rond point sous le viaduc et c’est la descente, en bas Serge Cottereau m’annonce 10°, passage au 95° kil, le coureur de Tournon revient mais il s’arrête encore au dernier ravito, au 97° je double un coureur complètement à la ramasse, on rentre dans Millau, j’accélère, je reçois beaucoup d’encouragement, passage sur la place du Mandarous, plus qu’un kilomètre, j’en remets une couche, j’ai l’impression de voler, Coco et Lionel filent à l’arrivée pour la photo, on rentre dans le parc de la Victoire, j’entends crier sur la droite c’est Bruno Heubi et sa femme Patricia, je finis au sprint doublant même un coureur à 3 mètres de la ligne, désolé !! Coco est là et on tombe dans les bras l’un de l’autre, au final 8h52’46 pour une 10° place

Telle était la dernière phrase de mon CR de l’année dernière : heureux mais j’ai trop marché dans les cotes d’ou ce sentiment que je peux faire encore mieux, l’année prochaine ??

Cette fois, je pense qu’il me sera difficile de faire mieux l’année prochaine, mais… Rendez-vous en 2010.