J’ai « relevé » le défi millavois !!!!

Coucou, et oui, enfin un peu de lecture chers amis(es). Je m’en vais vous conter mon aventure millavoise. Complice Vendredi 24 Septembre : Le départ est prévu à 10h30. Pour ce voyage en Aveyron, nous sommes 4, du moins pour l’aller.

  • ArthurBaldur,
  • Jean-Mik, fidèle membre du GCO, qui sera son suiveur,
  • Michael, mon suiveur à moi, ami de longue date qui a la particularité d’être né le même jour que moi, à un an près, et qui est un tri-athlète à ses heures perdues, où plutôt quand son petit dernier le laisse tranquille…
  • et bien sûr ma pomme, on ne la présente plus Complice

Vous commencez à nous connaitre, jamais pressés, jamais stressés, et bavards à souhait. Nous décollerons donc avec un bon quart d’heure de retard, ce qui est un moindre mal Content Par chance, la pluie commencera à tomber seulement un peu plus tard. Mais quand je dis tomber, c’est peu dire… Nous avons traversé de sacrés orages, ce qui m’a tout à coup ramené 5 mois en arrière, à l’occasion du Nivolet Revard, où nous avions affrontés, déjà avec Arthur, les affres de la météo durant tout le WE… Espérons que ce ne soit pas de mauvaises augures pour la suite, car 100km sous la flotte, ça ne serait vraiment pas cool…

Malgré cela, l’ambiance est tout à fait sympathique dans le Camping-car, le moral est au beau fixe pour tout le monde, et la route jusqu’au Puy en Velay, se fera sans encombres. Petite pause pour ravitailler les bonshommes à Flunch, où les pâtes sont de rigueur dans les assiettes, et nous repartons, toujours via la Nationale 88, pour atteindre Millau un peu avant 17h.

D’âpres négociations avec un monsieur de la sécurité afin de rentrer le CC dans le parc de la Victoire, et nous voilà au retrait des dossards. Nous retrouvons successivement Oslo, puis Teraflop, et nous imprégnons de l’ambiance en trainant à souhait dans le « petit » village partenaire. Nous ne pourrons résister longtemps à l’appel de l’étal d’un boucher local, et JeanMik nous offrira une saucisses sèche que nous dévorerons goulument à l’apéro, accompagné d’une boisson houblonneuse fort agréable… Avant cela, nous visiterons le Casino local pour faire les derniers achats, ben oui, j’ai oublié le Miel et il nous fallait du pain frais pour accompagner la saucisse…!!!! Le sommeil viendra tardivement pour moi et la lecture du Volume 7 du Joe Bar Team sera salutaire. Le réveil est prévu à 6h30, pour un « RDV » à 8h30 au parc de la victoire. Un peu tôt vous trouvez ? Et bien il faut quand même avouer que je n’aime pas me presser/stresser le matin, je l’avoue, et que je commence aussi à connaître les loustics qui m’accompagnent…

Samedi 25 Septembre

La nuit sera finalement plutôt calme et dès mon réveil, je guette le ciel à la recherche du soleil… Pas d’hésitations, ce sera corsaire pour le bas et manches longues de rigueurs pour le haut. Arthur enfile son petit short échancré, ça me glace le sang aussitôt de le voir ainsi « vêtu »… Petit déjeuner classique, derniers préparatifs/consignes/organisations avec nos suiveurs respectifs.

Il est 8h30 quand nous fermons le camping-car. 5? plus tard, le parc de la victoire est devant nous. Bruyant, grouillant de monde. Malgré cela, il ne nous faudra que 2 petites minutes pour nous enregistrer et retrouver Oslo, puis Teraflop, devant l’entrée. S’en suit une discussion d’avant-course des plus classique, sans appréhension d’ailleurs, du moins pour moi.

Avant le départ, nos suiveurs ne vont pas tarder à nous quitter, temporairement…

Je n’ai pas peur de ce qui m’attend. Je suis envahi de tout un tas de certitudes sur ma capacité à rallier l’arrivée, sauf blessure éventuelle, sur ma faculté à gérer ma course, à courir en dedans… Un peu comme au départ des coursières l’an dernier où je savais que j’irais au bout, envers et contre tout. Sans doute l’expérience que j’ai emmagasiné l’an dernier, le bon déroulement de ma préparation et le fait d’être accompagné par Michael et donc de « voyager » léger contribuent à ce sentiment. D’ailleurs, ça me fait très plaisir de pouvoir partager une aventure comme Millau avec quelqu’un, et avec lui en particulier. Il y a bien longtemps que nous ne nous sommes vus, et il a répondu présent dès que je lui ai fais part de ma proposition. C’est vrai qu’en y repensant après coup, sans suiveur, ce n’est pas la même histoire…

Bref, nos suiveurs respectifs nous quittent pour se rendre à Aguessac, 7° kilomètre de notre périple, pendant que nous traversons la ville au son de la fanfare, et sous les yeux admiratifs, étonnés, ébahis ou simplement envieux, des spectateurs. Millau à quelque chose de particuliers dans le monde de l’ultra-fond. C’est une sorte de passage obligé, un baptême, un rite initiatique, bref, une référence, et je m’apprêtes à en prendre le départ.
Je me repasse en mémoire les temps de passage plus ou moins prévus. J’ai pour objectif premier de rallier l’arrivée, comme pour toute épreuve d’ultra, et j’ai l’ambition de le faire en 12h environ. 11H30, ça m’irait bien, et moins ce serait le pied total  Content La FC grimpe dès les premiers pas, ça m’inquiète un peu mais avec le stress, je me dis que ça doit être normal…

Pan c’est parti  Complice

1’50 de marche pour mettre le peloton en route et franchir la ligne puis dès le début, une attention toute particulière au cardio et à l’allure. Je bip les temps de passage : 6’30?/6’32?/6’18?/6’04?/6’32 pour un passage au 5° km en 33’46?. Tout va bien, je vais bien. Je suis heureux d’être là et de vivre ce moment Content Nous courons encore ensemble avec Oslo et Arthur, ce qui permet de ne pas trop penser au programme à venir et de profiter aussi des paysages magnifiques qui nous entourent. Nous sommes entrés dans les gorges du Tarn pour ce qui constitue une large partie de la première boucle de ce 100 bornes. Les marathoniens nous entourent et le flot de coureurs s’étirent. Je ne serais jamais gêné mis à part un petit ralentissement autour du ravito du 20°km.

C’est beau, hein…

J’ai maintenant retrouvé Michael, lui ai confié ma petite bouteille que j’avais prise à la main pour les 7 premiers kilos et on trouve notre rythme. Il me trouve très régulier, ce qui est bien même si je me force à ralentir assez régulièrement. Je ne m’accorderais qu’un petit excès, tout comme Oslo juste devant moi, pour dépasser le meneur des 12h (il me semble), qui trainait derrière lui un « amas » important de coureurs, et surtout 3 voitures aux gaz d’échappement nauséabonds Mécontent

J’ai décidé de ne pas prendre de boissons énergétiques mais également d’éviter les bananes. Pourquoi aujourd’hui me direz-vous ? Faut valider à l’entrainement d’abord, et patati, et patata… Oui mais bon, je fais rarement des sorties si longues à l’entrainement, n’est pas Oslo qui veut  Sourire Et puis pour tenter de régler mes soucis d’alimentations, que j’avais rencontré non seulement aux Templiers (ballonnement et impossibilité de manger/m’hydrater pendant un long moment), mais avant ça aux Coursières (hypoglycémie terrible), il faut bien que je valide certaines choses. Sur les sorties longues, je m’en suis bien entendu passé, remplaçant avantageusement la boisson par du simple sirop de fraises, celui pour les balèzes, ou par de l’eau Content

Les kilomètres défilent régulièrement, 10°km en 1h05’10? (31’23? les 5 derniers km) puis 15°km en 1h36’44? (31’14?). Nous apercevons les premiers qui ont déjà basculés sur la boucle du retour. J’espère voir encore quelques coureurs quand je serais à mon tour de l’autre côté Complice. Michael est au petit soin, je mange une barre de céréales, grignote du pain de mie tartiné de « Laughing Cow », c’est bon  Sourire J’arrose le tout d’un verre d’eau gazeuse, ou de coca, au gré des ravitos. Je ne m’arrêterais aux ravitos qu’une seule fois sur cette première partie, pour manger un demi-œuf dur, c’est trop bon !!!! Après avoir franchi le 20°km en 2h06’43? (29’58?), nous prenons le chemin du retour. Le parcours s’est durci, les expressions de montagnes russes, ou de toboggans, lues ici et là dans les CR des éditions précédentes prennent tout leur sens. C’est même une belle côte qui nous attend avant le 25°, que je franchis en 2h38’21? (31’37?) Complice

Au 30°km, je commence à ressentir un petit échauffement sous le pied gauche. Je demande donc à Michael de sortir la crème, qui doit être avec mes papiers d’identités. Un petit arrêt pour lui pendant que je garde le rythme. Il me rattrape rapidement, il n’a pas trouvé la crème, ni mes papiers d’ailleurs… Alors là ce n’est vraiment pas cool, je suis pourtant certain d’avoir pris la petite pochette avec tout ce qu’il faut : C.I., Carte de Groupe Sanguin, CB, Couverture de survie, Nok et Compeed… Qu’à cela ne tienne, sachant mon copain pas très loin derrière, Michael fait un petit A/R pour récupérer le tube de Sir Arthur car ça devient urgent de recrémer. Je m’arrête sur une barrière de sécurité à 10m du panneau signalant l’entrée dans l’agglomération millavoise. Je me déchausse tranquillement, en défaisant les lacets (notez ce détail, on en reparle dans 30km…), fait quelques étirements, me masse les pieds avant de les enduire généreusement de la précieuse substance. Michael fait un nouvel A/R jusqu’à JeanMik pendant que je me rechausse, en prenant le soin de bien serrer mes chaussures. La remise en route est un peu délicate sur les premiers mètres, ce qui me fait un peu peur, mais finalement tout roule au bout d’une vingtaine de mètres et je retrouve rapidement mon rythme, ouf !!!
J’arrive au 40°km, que je franchis en 4h16’14? soit 1h05’49? pour les 10 derniers kilomètres, pause comprise. J’ai trouvé cette partie peu intéressante… Millau plage, le retour à la civilisation, bref, rien de folichon comparé à ce que l’on vient de traverser Complice

Une petite dernière avant de revenir à la ville…

Nous rentrons maintenant dans le centre ville, objectif le marathon, petit tour et avant-goût de la ligne d’arrivée. Le public est toujours présent, et on croise l’espace de quelques instants les concurrents qui repartent déjà pour la grande boucle. J’aperçois Oslo juste avant de m’engouffrer dans l’allée du parc. Il semble en pleine forme, et possède une dizaine de minutes d’avance sur moi, rien d’étonnant à mon sens Sourire Pour ma part, je suis toujours sur les bases de « moins de 12h »., ce qui me convient parfaitement. Je prends le temps de bien me ravitailler, il est environ 14h30 et j’ai faim. Petite inquiétude, j’aurais peut-être du manger un peu plus sur cette première boucle. La peur de m’alourdir l’estomac et de le payer par la suite sans doute… En redescendant l’allée du parc, je croise ArthurBaldur, qui n’est vraiment pas loin de moi finalement. Ça fait plaisir de le voir lui aussi en pleine forme Complice

Maintenant, je rentre un peu dans l’inconnu, sur route tout du moins Sourire Je sais que ce qui m’attend sera plus difficile que ce que je viens de faire. Le dénivelé, la fatigue qui s’accumule, la fraîcheur qui ne va pas manquer d’arriver quand le soleil se couchera… Mais j’ai un accompagnateur à mes côtés et je suis bien content qu’il soit là. Sa seule présence est rassurante, et je sais qu’il me sera surement d’une grande utilité même si pour le moment il se fait « discret ».

Nous traversons Creissels, ça grimpe gentiement mais rien d’affolant, juste de quoi me réchauffer. Le rythme est toujours très correct puisque nous franchissons le 45°km en 4h52’17?, toujours dans le tempo des 11h30. Je sais pertinemment que je ne tiendrais pas le rythme jusqu’au bout, mais je suis bien content de moi Content S’en suit une petite descente et un rond-point, on attaque la première grosse difficulté, la fameuse montée du Viaduc. Sur le coup, j’ai cru que c’était la première petite bosse sur le profil, et j’ai commencé à m’inquiéter… Et puis j’ai repris mes esprits, j’ai toujours faim, j’avale un gel et monte tranquillement. Le début me paraît très très raide, surtout au niveau du carrefour à proximité de la grande surface. Finalement, une fois dans le rythme, j’arrive de nouveau à trottiner et je rattrape un peu de monde ce qui est très motivant Complice Ça me paraît assez court comme montée, et c’est avec joie que j’atteins le viaduc…

C’est beau mais ça calme…

Je ne m’enflamme pas, mais ne pense qu’à une chose, la photo du 50°, toute proche. Voilà 5h29 que je cours, et je me sens plutôt bien, mais ça ne va pas durer. La descente, même prudente, me fait mal aux jambes. Je programme une bonne pause au pied, au ravito de St Georges, histoire de me requinquer. Je trouve une chaise, enlève les chaussures et m’étire. Michael m’apporte Coca, fromage, et pâté… Dieu qu’il est bon ce pâté, une fois, deux fois, trois fois, et encore deux petites tranches pour la route, miam Content Je repars tout tranquillement après 10 bonnes minutes de pause, laissant Michael faire les pleins des bidons, un avec de l’eau et l’autre avec du sirop de fraise, pour les balèzes, vous vous rappelez Content

Je finis de manger tranquillement et recommence à trottiner doucement. Je me pose aussi la question de savoir à quel moment nous allons croiser les premiers, j’espère vers le 60°km, ce serait bien, pour moi Complice Cette portion en faux-plat montant est longue, 6km environ, et très monotone. La route est large, je suis souvent seul, avec mon suiveur, court toujours autour de 9,5km/h. Nous franchissons la borne du 55° en 6h19 et je commence à ressentir une petite gêne au dessus de la malléole du pied gauche. Pas très gênante mais présente quand même Mécontent Nous croisons le premier qui file vers la victoire avec une marge confortable sur son plus proche poursuivant. Ca fait passer le temps de compter les coureurs et nous voilà finalement au 60°, qui marque l’entrée dans St Rome et surtout le pied de la seconde difficulté du jour, la côte de Tiergues. J’ai tout entendu à son sujet, c’est dur, c’est long, ça fait mal, vises les 2 épingles et après c’est fini. Et bien je dois vous l’avouer, je n’ai pas eu peur, et tout s’est très bien passé. J’ai trottiné quasiment tout le long, mettant « seulement » 39? pour boucler les 5kms entre le 60° et le 65° km, incluant cette belle montée. Ma pause mise à part, je suis parfaitement dans les chronos prévus mais je vais malheureusement vite déchanter. Ma douleur au pied se fait de plus en plus présente, je n’arrive plus à dérouler mon pied, je pense aux blessures de l’ultra et un seul mot me vient à l’esprit : Releveur… A c’est ça alors un souci de releveur !!!!

La descente vers St Affrique est longue, j’ai la forme, je m’alimente plus régulièrement d’ailleurs, mais j’ai du mal à évacuer cette douleur de mon esprit. Croiser successivement Teraflop, puis Oslo et enfin atteindre l’entrée de la ville me remettra un peu de baume au cœur. Je pense à toutes les choses que j’ai à faire : Me réchauffer, me changer, me crémer les pieds, remettre les chaussures en prenant grand soin de ne pas trop serrer les lacets ce coup-ci, manger de la soupe. Tout cela est bien, mais au fond, ça ne va pas fort, je suis à deux doigts de lâcher le morceau et de monter dans le bus… Et puis, et puis, le téléphone sonne, vibre, bref, j’ai des amis qui m’encouragent, je ne peux quand même pas les décevoir Complice Même mes parents y vont d’un petit texto Content Je me remets sur pied mais finalement, je ne me change pas tout de suite. Je vais sans doute bien transpirer dans la montée et perdrait tout le bénéfice d’un T-Shirt sec, et donc chaud… Je cherche Michael du regard, il a du finir de mettre les éclairages sur son vélo maintenant et aperçoit ArthurBaldur qui pénètre à son tour dans ce grand ravito, ça fait plaisir de  voir une tête connue Content Au même moment, c’est Beny qui m’appelle, je ne le connais « que » virtuellement mais lui parler me fait vraiment du bien. Michael en remet une couche lorsqu’il me rejoint et comme Arthur m’annonce vouloir « rentrer » avec moi, je suis remotivé pour les 27 bornes qui restent Complice

St Affrique : crémage de pieds et hésitations sur la tenue, et pas que…

Mais bon sang, que la reprise est difficile !!! J’ai du mal à marcher et je doute pouvoir aller bien loin. Je me suis refroidi, et le releveur me fait souffrir. J’ai depuis longtemps oublié le chrono. 30? de pause, bien tassé, ça fout un objectif en l’air, mais ce n’est pas le plus important… Finir, me remettre en route, me réchauffer, relancer la machine, bref, suis-je vraiment en état ??? Tout cela trotte dans ma tête quand ce garnement d’Arthur décide de me planter un coup de poignard dans le dos. Profitant de ma faiblesse, et surtout du passage d’une féminine, il enclenche la seconde et me pose un lapin, l’enf…é, il ne perd rien pour attendre le bougre, je ne vais pas me laisser faire !!!!

Je ne peux rien faire sur le coup mais me force à allonger le pas, pour me remettre finalement à trottiner. Finalement, les petites foulées sont moins douloureuses que les grands pas et je temporise tout en maintenant l’écart. Je finis par revenir à une vingtaine de mètres du garnement et sans un mot relance l’allure et le dépasse, non mais Content Petit à petit, il lâche prise à son tour, doucement, mais surement, et enfin complètement après avoir mis le clignotant au ravito, il a sans doute eu peur d’une confrontation directe, d’hommes à hommes Complice

Du coup, la montée est passée comme une lettre à la poste, et je bascule dans la descente sous les dernières lueurs du soleil. Je croise encore beaucoup de monde,et je me dis que je suis finalement plutôt bien là où je suis Sourire La descente me paraît interminable, la douleur est revenue sur le devant de la scène et j’ai de plus en plus de mal à la gérer. Alors que j’arrive à l’entrée de St Rome, je pense à mon copain Biscotte : « Marche, c’est mieux que de rester immobile », ça te rapproche de l’arrivée Sourire Mon téléphone sonne de nouveau, c’est… Biscotte !!! Petite discussion, je lui dis que ça ira au bout et alors que je raccroche, Arthur le grand me rejoint une nouvelle fois. Le ravito est là, je m’arrête pour me changer cette fois-ci. T-Shirt sec, veste sèche, et maillot manche longue mouillé par dessus. Michael, toujours aux petits soins, m’apporte pâté et fromage tout en assurant le remplissage des bidons. J’attrape la frontale dans le panier et la met en route en reprenant doucement mon chemin en compagnie d’ArthurBaldur. Cette fois, nous ne nous quitterons plus. J’improvise un Cyrano : 5? de course, 1? de marche, mon compagnon semble d’accord, cool Complice Mais finalement, nous le ferons 3 fois de suite, avant de prendre le pas d’un petit groupe et de courir longuement dès le moment où nous apercevrons le clocher de St Georges annonçant le ravito. Je files directement à la table de massage. J’ai le releveur en feu, mais les mains expertes d’un jeune homme, ainsi que la crème et les cachetons vont me requinquer. Il doit rester moins de 15km et je repars avec une banane d’enfer Sourire J’attends la dernière montée avec impatience, je suis chaud, j’ai même ôté le maillot manche longue, c’est pour dire Sourire

Le pied Complice

Nous monterons à bon rythme, sans marcher, si bien que ça passera vite (très vite même dans mon esprit). Nous basculons dans la descente après être de nouveau passés sous le viaduc, tout éclairé ce coup-ci. Nous filons à presque 11km/h et avalons cette belle descente. Elle est courte finalement Content

Dernière petite difficulté pour remonter vers Creissels, tout va bien, ça trottine gaiement mais je dois cependant attendre Arthur qui soulage une envie bien naturelle. Dernier ravito, y’a de la joie par ici et c’est au son d’Amsterdam, du grand Jaques, que nous reprenons le chemin du parc de la victoire. Nous avons hâte d’en finir, si bien qu’il ne nous faudra que 36? pour boucler les 5 derniers km, pause comprise !!!! Le dernier kilomètre est avalé au sprint, ou pas loin, mais c’est bien bras dessus bras dessous que nous franchissons la ligne d’arrivée pour un grand moment qui restera longtemps dans ma mémoire au rayon « Mes plus grands souvenirs ». Sourire

Même pas mal Complice

Bilan : 13h04’50? pour venir à bout des 100km du parcours. Si on supprime les pauses, j’ai couru sur une base de 11h30 tout au long du parcours, ou quasiment (légèrement plus lent sur la descente de Tiergues et le faux plat qui suit). Je n’ai pas rencontré un seul souci gastrique, mais j’ai quand même très mal géré mon alimentation, avec 2 gros coups de moins bien directement en conséquence. Je peux même dire que j’ai même frôlé la correctionnelle dans la première montée du viaduc. Par la suite j’ai fait plus attention et je crois que ma deuxième alerte n’était que le contre-coup de la première mais quand même…

Au niveau physique, à part ma blessure, rien à signaler. Les échauffements aux pieds ne sont pas étonnants, les genoux n’ont rien dit, pas de crampes à signaler, bref tout va bien de ce côté-là. Pour le matos, rien à signaler non plus, tout avait été validé. L’an prochain, je prévoirais simplement une couche supplémentaire, car dès la nuit tombée, il fait très très frais et si l’aventure doit se prolonger, ça ne sera pas un luxe Sourire

Au niveau mental, un gros bémol pour ce coup-ci. Même si je n’ai pas lâché l’affaire, le coup n’est pas passé loin et je dois bien avouer que sans les encouragements des copains, réel ET virtuel, je n’aurais sans doute pas terminé cette aventure.

J’ai traversé à peu près toutes les émotions durant ce laps de temps, tantôt raisonnable, tantôt euphorique, ou bien encore silencieux ou pensif… Mais au final, j’ai simplement vécu un grand moment. Pouvoir le partager en direct avec quelqu’un, que ce soit Michael pendant 99km, ou avec Arthur pour les derniers mètres, ou même avec tous ces inconnus que j’ai encouragé, et qui m’ont eux aussi encouragés, font que je reviendrais ici, à Millau, revivre cette grand messe de l’ultra-fond. J’aime la nature, les chemins, la montagne, le trail quoi, mais ce jour-là j’ai vécu un truc intense que je n’avais jamais eu l’occasion de vivre sur les chemins, même si j’y ai passé de très grands moments. Mais d’ici là, je vais commencer par un hiver studieux, participer à quelques cross, pour le plaisir, puis m’attaquer à mon record sur 10km, qui ne demandent qu’à être amélioré Sourire

Toute l’équipe au complet. Arthur, JeanMik, Taz et Michael.